Questions de science
et de technologie


 Renouvelable

II.1 La loi française sur la transition énergétique du 17 août 2015 prévoit une réduction de 50% en 2050 de la consommation totale d’énergie en France, ainsi qu’une réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique au profit d’un important développement d‘énergies renouvelables. Comment pensez-vous suppléer à l’intermittence de l’éolien et du solaire photovoltaïque sans augmenter la consommation de combustibles fossiles ?



JL Mélenchon

Le programme énergétique de la France Insoumise est clair : "Viser la sortie des énergies fossiles et du nucléaire". La France a les capacités intellectuelles, technologiques, industrielles pour engager un programme permettant d’arriver à l’horizon 2050 à une énergie 100% renouvelable. Nous ne sommes certes pas les seuls à le dire (voir le rapport Negawatt), et il ne manque que la volonté politique pour engager un tel programme. Cette volonté politique, nous l’avons.
Pour répondre plus précisément à la question posée, nous pourrions rappeler qu’il n’y a pas que l’éolien ou le photovoltaïque qui soient "intermittents". Les résultats de l’année 2016 ont permis de montrer à quel point l’énergie nucléaire pouvait elle aussi être "intermittente", avec une disponibilité globale du parc nucléaire ne dépassant pas les 65%...
Mais plus sérieusement, vous posez la question du stockage de l’énergie électrique durant les périodes d’intermittence : les solutions, même si certaines ne sont pas encore parfaitement utilisables à grande échelle, ne manquent pas :
- Stockage hydraulique (lacs aval et amont), méthode existante (Lacs Blanc et Noir dans les Vosges) et abandonnée dans les années 60.
- "Power to gas) Stockage par électrolyse de l’eau (production d’hydrogène et oxygène)
- Méthanation (production de méthane de synthèse par réaction de l’hydrogène avec le C02 récupéré lors de la production de biogaz)
L’objection qui est souvent faite à ces méthodes de stockage concerne leur rendement, puisque à chaque étape de transformation de l’énergie il y a perte. Mais rappelons que dans le cas des énergies renouvelables, le combustible primaire (vent, soleil) est gratuit. Une autre objection concerne la maîtrise de ces technologies de transformation. Mais là aussi, c’est d’abord une question de volonté politique et de financement, lorsque que l’on compare aujourd’hui la part de budget de l’Etat accordé au développement sur le nucléaire à celle sur les énergies renouvelables.

N Dupont-Aignan

Les conséquences de la politique menée en Allemagne en matière énergétique – qui a abouti à ce que 40% de la production électrique du pays est d’origine carbonée – doivent pousser à réfléchir sur les manières d’assurer une production énergétique propre.

Entre une écologie sectaire sans vision prospective sur la transition énergétique, et une vision exclusivement tournée vers le nucléaire conventionnel qui ne tiendrait pas compte des progrès réalisés dans ce domaine, je fais le choix d’incarner une troisième voie qui répond à 3 objectifs :

• L’indépendance énergétique de la France.
• La compétitivité de notre économie.
• La réduction des gaz à effet de serre.

45% du total de la consommation d’énergie en France est réalisé par le secteur du bâtiment, c’est donc sur lui, avec celui, bien-sûr, des automobiles, que doivent porter les efforts principaux. IL est urgent de réviser la RT 2012 qui privilégie l’usage du gaz alors qu’un chauffage au gaz émet beaucoup plus de CO2 qu’un chauffage bien conçu utilisant l’électricité (avec l’apport de pompes à chaleur air/air, ou air/eau avec la géothermie basse température). Pour le secteur automobile, je propose de remplacer les 10 millions de véhicules les plus énergivores en 10 ans, par le biais d’un bonus pour l’acquisition d’un véhicule consommant moins de 3l/100 km. L’État investira 1 milliard d’euros par an pour cette mesure. La prime ne serait pas renouvelée pour une nouvelle acquisition. Il faut aussi mettre les technologies numériques au service d’une meilleure gestion du trafic (analyse des pics de circulation, fluidification du trafic à l’aide d’informations sur la circulation, gestion des feux tricolores, etc.).

L’éolien et le photovoltaïque ne répondent pas aux attentes d’une production propre de masse, les exemples étrangers le montrent, Je reviendrai sur l’objectif de 50% de nucléaire dans la production électrique en 2025, poursuivrai la recherche pour un nucléaire propre et sûr. Je lancerai un plan de développement de la filière Thorium sur 25 à 30 ans qui prendra le relais à l’horizon 2050. Je rappelle que les centrales nucléaires à Thorium permettront l’élimination des déchets nucléaires par transmutation.

E. Macron

Je l’ai dit lors de la présentation de mon programme, ma priorité va à la sortie progressive des énergies fossiles. C’est la raison d’être du plan de rénovation énergétique des bâtiments, de la prime à la conversion pour le remplacement d’un véhicule ancien par un véhicule récent, du déploiement des bornes de recharge électrique, de la hausse de la taxe carbone et du doublement du fonds chaleur renouvelable.
Concernant le mix électrique, il est aujourd’hui largement décarboné grâce au nucléaire et il faut s’en féliciter. Mais dépendre à 75% d’une seule technologie pour produire son électricité n’est pas sain et crée un risque de sécurité d’approvisionnement ; l’accident de Fukushima en est un exemple criant. C’est pourquoi je souhaite que les énergies renouvelables, et notamment le solaire et l’éolien, permettent petit à petit d’abaisser la part du nucléaire, tout en veillant à ce que cette substitution progressive n’augmente pas les émissions de CO2 et soit supportable pour les consommateurs. À ce titre, 30 milliards d’euros d’investissements privés seront mobilisés. En outre, la recherche et le développement du stockage de l’énergie, des interconnexions et des réseaux électriques intelligents seront encouragés. Ces efforts permettront aux énergies renouvelables de fournir une électricité continue, de réduire définitivement la dépendance aux anciens modes de production et de fermer les centrales à charbon restantes en France en priorité durant le quinquennat.
Par ailleurs, en cohérence avec l’accord de Paris, nous interdirons l’exploration des gaz de schiste et ne délivrerons aucun nouveau permis d’exploration d’hydrocarbures.

F. Fillon

Les données techniques et économiques de l’énergie sont en évolution très rapide : j’entends être le président d’une transition énergétique rapide parce que pragmatique. Il s’agit en premier lieu de ne pas sacrifier la filière nucléaire française sur l’autel de l’idéologie quand elle est un fait majeur et massif dans notre production énergétique française, un des outils de notre autonomie énergétique et la cause d’un prix durablement bas de l’électricité que nous envient tous les pays comparables au nôtre.
Aussi une nouvelle loi de transition énergétique devra être rapidement adoptée. Elle abandonnera cet objectif aveugle et absurde d’une réduction immédiate du nucléaire. Elle fera rentrer la transition énergétique dans les équilibres du marché, parce qu’il s’agit d’un des outils efficaces de régulation auquel une politique sérieuse de l’énergie ne peut renoncer. C’est d’ailleurs le meilleur service qu’on puisse rendre à la filière française des énergies renouvelables pour aller conquérir des parts de marché à l’étranger, où elle devra affronter les forces du marché. Pour corriger les effets d’angle mort du marché et remettre les priorités dans le bon ordre, c’est-à-dire décarbonner notre mix énergétique et tenir nos engagements de l’accord de Paris (COP 21), je prendrai les mesures permettant d’éliminer les énergies fossiles de la production d’électricité, avec un prix plancher de la tonne de carbone de 30 euros minimum.
J’amplifierai la politique d’économie d’énergie et rendrai ainsi du pouvoir d’achat aux Français, parce que la meilleure énergie est finalement celle que l’on ne consomme pas. Les potentialités d’économie d’énergie, de stockage d’énergie et d’effacement de pointe sont immenses. Ce sont elles qui répondront le mieux aux problématiques d’intermittence, pour autant que la régulation et un fonctionnement sain du marché ne soient pas gênés par un empilement d’objectifs secondaires et contradictoires.
Mon ambition est aussi de bâtir de nouvelles filières industrielles françaises, compétitives et créatrices d’emplois, dans les domaines de l’énergie décarbonnée où la France a des atouts pour devenir un grand champion industriel. Les tendances de long terme nous montrent que ces technologies sont en train de devenir rentables. Il y a donc une formidable opportunité. C’est aussi une nécessité pour permettre l’autonomie des collectivités d’Outre-mer. La France doit par exemple être en pointe dans la digitalisation du secteur de l’énergie, en poursuivant le déploiement des compteurs intelligents, élément essentiel des smart-grids qui permettent d’atteindre une plus grande efficacité énergétique. L’autoconsommation d’électricité est également une opportunité pour encourager le développement de technologies innovantes (stockage, domotique, ...) et mobiliser des technologies et des savoir-faire dans le numérique et le "big data". Il s’agit d’un marché potentiel en forte croissance pour les start-ups françaises du numérique.

F. Asselineau

Sur ces questions, l’UPR prône la voie de la raison et de la démocratie. Les Français doivent s’approprier ces enjeux fondamentaux, sans céder aux discours catastrophistes. Nous proposons de nationaliser les grands producteurs de gaz et d’électricité, ce qui facilitera grandement la mise en place d’une politique énergétique cohérente, décidée par le peuple français. Ainsi, nous consulterons les Français sur la manière dont l’électricité est produite en France. Des questions à choix multiples permettront de déterminer les politiques à conduire et de valider les mesures de sobriété énergétique nécessitant d’importants investissements.

B. Hamon

Tout d’abord il faut avoir une vision globale de la problématique énergétique, c’est pourquoi j’en ai fait un point majeur de mon programme, avec la présentation d’une ensemble de mesures qui doivent nous permettre d’effectuer la transition énergétique. Elles concernent la baisse des besoins énergétiques, la rénovation énergétique, le pilotage du mix énergétique, la sûreté nucléaire, le développement des ENR, la mobilité… Pour réaliser tous ces objectifs nous avons besoin d’un investissement important en matière de recherche, mais aussi de formation à tous les niveaux car ce sont des modes de pensées souvent très différents qu’il faut construire. Il y a aussi des verrous technologiques et scientifiques, et la question du stockage de l’énergie est en particulier fondamentale. Une limite du développement de plusieurs ENR est leur intermittence, et le développement des capacités de smart grid et de stockage est indispensable.
Nous avons de grands atouts en France : notre pays a une forte histoire dans le domaine de la chimie des batteries, et encore des laboratoires de recherche au meilleur niveau mondial. Nous avons aussi une structuration intéressante avec le Réseau sur le Stockage Electro-chimique de l’Energie, au sein duquel de belles avancées technologiques sont en train de se réaliser. Mais il faut penser la filière complète : recherche, développement technologique, industrialisation, commercialisation, déploiement des savoir-faire. Je ne veux pas que nous nous retrouvions avec des progrès scientifiques français ou européens dont la mise en œuvre industrielle et commerciale soit monopolisée par d’autres pays comme c’est le cas avec le lithium-ion.
Dans le cadre de la relance de l’Europe, je propose que l’UE lance un plan de 1000 milliards d’euros consacré à la transition énergétique. C’est dans le cadre de ce plan, et à l’échelle française du PIA 3, que se trouveront les moyens nécessaires pour essayer de lever le verrou de l’intermittence. Ils permettront de conduire les travaux de recherche nécessaires sur tous les aspects du stockage de l’énergie, de financer les démonstrateurs technologiques, en amplifiant les expérimentations territoriales, de soutenir les entreprises qui aujourd’hui se tournent vers la transition énergétique, et font preuve d’innovation non seulement technologique mais parfois aussi sociale et économique.

N. Arthaud

La loi sur la transition énergétique du gouvernement de Hollande a surtout permis d’ores et déjà à quelques entreprises et au BTP de récupérer des centaines de millions de subventions.
La réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % de la production d’électricité n’apportera pas une plus grande sécurité. Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima ont eu lieu à cause du dérèglement d’une seule centrale. Maintenir 50 % de l’électricité d’origine nucléaire peut en partie réduire les risques, certainement pas les supprimer.
Mais cette décision en entraînerait une autre : pour le moment, les deux seuls pays qui ont décidé de supprimer ou réduire le nucléaire, le Japon et l’Allemagne, ont compensé cette réduction par une augmentation de la production des centrales thermiques, au charbon et lignite en Allemagne, au gaz naturel et au fioul au Japon, avec dans les deux cas un rejet plus important de gaz carbonique. Et cela même en Allemagne où il y a beaucoup d’éoliennes. C’est que personne n’a encore trouvé le moyen de faire fonctionner les éoliennes quand il n’y a pas de vent, ni les panneaux solaires le soir ou la nuit. Il faut donc des centrales thermiques pour relayer les énergies intermittentes, et ce n’est pas différent en France.
Les éoliennes et le solaire fonctionnent pour l’instant à grands coups de subventions. L’écologie est à la mode. Mais les hommes politiques qui font des « lois de transition énergétique » s’en servent pour se faire de la publicité mais ne raisonnent pas plus à long terme que les capitalistes, les vrais maîtres de l’économie. Dans le cadre de ce système, il n’y a pas de bonne solution.

J. Lassalle

Les forces conjuguées du soleil et des mers sont susceptibles de produire autant d’énergie que le pétrole, et de se substituer au nucléaire. Dans notre pays où le soleil ne se couche jamais, entre l’Hexagone et les outremers, comme sur le continent africain que l’on dit déshérité, comment croire que l’énergie solaire puisse faire défaut ? Je suis certain que le solaire se serait développé bien plus vite, si les intérêts pétroliers ne l’avaient freiné.

Je proposerai un investissement massif dans l’énergie solaire. Nous avions montré son potentiel depuis quarante ans avec l’installation de miroirs dans les Pyrénées-Orientales. Mais ils posent aussi défi de l’intermittence, plus encore que le photovoltaïque. Je suis allé rencontrer les chercheurs de Font-Romeu, qui travaillent sur des alternatives aux sels fondus. Je consacrerai un grand effort de recherche au stockage de l’énergie solaire.

Déjà sur le photovoltaïque, la plus grande centrale d’Europe vient d’être ouverte à Cestas en Gironde. Le prix de revient de l’énergie solaire a baissé avec 30 ans d’avance sur les prédictions des experts de l’ADEME : elle est aujourd’hui moins chère que l’éolien ou le nucléaire, selon la Cour des Comptes.

Et c’est notre réglementation nationale qui freine les projets !

Je veux faciliter les initiatives des collectivités pour la production d’énergie renouvelable : le petit hydroélectrique, le solaire… J’ai fait l’expérience, comme maire, de la distance entre les beaux objectifs du « Grenelle de l’environnement », et la réalité des autorisations sur le terrain. Favorisons l’autonomie énergétique, sans autorisation préalable d’ERDF/Enedis, comme cela se fait en Allemagne.





 Nucléaire

II.2 Pensez-vous développer la recherche sur le nucléaire de quatrième génération, en particulier avec le réacteur expérimental ASTRID ?



JL Mélenchon

Le programme énergétique de la France Insoumise, nous l’avons déjà dit, engage notre pays vers la sortie du nucléaire à l’horizon 2050, avec l’arrêt du dernier CNPE pour 2035 environ.
Concernant plus spécifiquement ASTRID, nous ne pensons pas qu’il soit pertinent de développer un réacteur qui n’est qu’une version améliorée du défunt SUPERHENIX , tout en conservant les impasses technologiques auxquelles il a été impossible de faire face (présence de quantités énormes de sodium liquide chaud, irradiation massive par neutrons rapides des matériaux constitutif, difficultés de rechargement, ). Sans compter que la capacité supposée à "brûler " le plutonium ou les déchets radioactifs ne concerne bien évidemment pas les déchets vitrifiés actuels.

N Dupont-Aignan

Si nous devons, à long terme, opter pour un mode de production nucléaire totalement propre (Thorium), abandonner la recherche sur la fusion nucléaire, dans laquelle la France a un savoir-faire inégalé, ne me semble pas souhaitable, à moyen terme, pour assurer la transition énergétique.

E. Macron

Je veux commencer par rappeler que notre ambition, c’est de réduire notre dépendance à l’égard du nucléaire, avec l’objectif de 50% d’énergie nucléaire à l’horizon 2025.
Concernant le programme Astrid, une phase d’avant-projet détaillé de plusieurs années est un préalable indispensable avant toute décision de construction éventuelle d’un réacteur expérimental. Il s’ensuivra une phase de certification d’environ cinq ans et une phase de construction qui prendra une dizaine d’années. Le démonstrateur n’est donc pas attendu avant les années 2035 et suivantes. Une mise en oeuvre industrielle de la 4ème génération de réacteurs n’est donc pas prévue avant la deuxième moitié du XXIème siècle. Il n’y a donc pas a priori de débouché évident en France pour la quatrième génération avant une très longue durée et la question de l’utilité de poursuivre le programme en l’état se posera.
En outre, le coût attendu du démonstrateur est significativement élevé : plus de 5 milliards d’euros à ce stade. L’internationalisation du projet pourrait permettre de partager ses coûts. Des discussions avec le Japon ont été engagées. Ces discussions gagneraient à être étendues avec d’autres pays tels la Russie et la Chine qui font également le pari de la quatrième génération ou bien avec les autres pays membres du Forum International Génération IV. C’est pourquoi je propose que le quinquennat serve à travailler à
l’internationalisation du projet Astrid. Toutes choses égales par ailleurs, c’est le format d’une coopération multilatérale de grande ampleur qui a été retenu par exemple pour le projet ITER permettant d’expérimenter l’usage de la fusion nucléaire. Si cette internationalisation du projet est réussie, il n’y a pas de raison d’arrêter un programme qui peut contribuer à diversifier les options énergétiques de demain et contribuer à mettre en valeur le savoir-faire français. En revanche, si l’internationalisation n’a pas lieu, le projet ne pourra pas être continué.

F. Fillon

La France doit poursuivre ses efforts en matière de recherche et développement dans les domaines de l’énergie et des technologies vertes. L’objectif doit être de bâtir de nouvelles filières industrielles, compétitives et créatrices d’emploi. Je souhaite que nos efforts se concentrent sur le développement et l’industrialisation de quelques technologies clés qui participent à la décarbonation de notre économie. Il s’agit, en particulier des énergies renouvelables (stockage du CO2, stockage de l’électricité, énergies marines renouvelables, photovoltaïque, véhicules électriques et autonomes), du nucléaire de nouvelle génération qui permet d’économiser de l’uranium et de brûler les déchets radioactifs, des véhicules zéro émission ou encore du captage/stockage de CO2. Le projet de réacteur ASTRID participe pleinement à cette politique de développement de la 4ème génération à moyenne puissance. Dans cette optique de développement de la recherche, la France doit pouvoir capitaliser sur l’expertise technologique de ses instituts publics.

F. Asselineau

Nous souhaitons développer et soutenir la recherche dans les technologies à haut potentiel écologique, dans le respect du principe de précaution et du choix démocratique. Le nucléaire de quatrième génération en fait partie, mais ce ne doit pas être la seule piste dans laquelle nous devons nous engager.

B. Hamon

La réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique pose en elle-même des questions de recherche, et de développement des compétences car l’arrêt de réacteurs n’est pas une opération facile. De plus, la question du devenir des matériaux radioactifs est importante. La recherche sur le nucléaire reste donc très importante et doit être soutenue pour sortir du nucléaire. Mais nous devons surtout investir massivement pour soutenir la mise en place des énergies renouvelables et favoriser la sobriété énergétique.

N. Arthaud

Je pense d’une manière générale que la recherche scientifique et technologique est nécessaire, et cela dans tous les domaines. Le vrai problème est l’utilisation que l’on fait des résultats de la recherche. C’est une question de société, une question politique, et non une question scientifique. Tout dépend alors des intérêts qui dominent les décisions : les intérêts d’une poignée d’actionnaires qui ne pensent que par leurs profits, ou les intérêts de la collectivité…

J. Lassalle

Au XXème siècle, le pétrole avait permis à notre civilisation une évolution technologique sans précédent. Mais les guerres dans lesquelles il nous a entraînés sont indignes d’un pays civilisé.

Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après les accidents de Tchernobyl et Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question.

Je n’ai pas été à Fukushima, mais j’ai été plusieurs fois à Tchernobyl. Il n’y a strictement plus rien à y voir, sinon la mort, encore la mort et toujours la mort ! Après Fukushima, les Japonais ont arrêté toutes leurs centrales, les Allemands la moitié des leurs. La France a continué comme avant. Elle risque des dizaines de milliards dans la construction de centrales encore plus grosses, les EPR, alors que nous ne sommes toujours pas sûrs de cette technologie, et que la demande mondiale porte sur les centrales classiques, plus petites. Je m’inquiète aussi pour Bure, dans la Meuse, où l’État prévoit d’enfouir des tonnes de déchets radioactifs : aucun territoire ne mériterait qu’on lui fasse porter ces risques irréversibles.

Nous investissons aujourd’hui sur ASTRID et sur d’autres technologies encore qui devraient résoudre certains de ces problèmes et lever certains risques. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Le nucléaire ne produit que 2% de l’énergie consommée dans le monde : mérite-t-il tant d’investissement ?

La première étape sera de rouvrir le débat. Permettons à tous les Français, sur tous les territoires, de s’approprier ces enjeux : des choix énergétiques difficiles sont devant nous, et ils nous engageront pour longtemps. Prenons le temps de les comprendre et d’en débattre, afin d’éviter les peurs, les mécontentements et les injustices.





 Taxe carbone

II.3 Face au changement climatique en cours, la France s’est engagée lors de la conférence de Paris (la COP21) à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 75% en 2050 par rapport à 1990. Pour atteindre cet objectif, la loi sur la transition énergétique du 17 août 2015 prévoit une augmentation de la taxe carbone de 22€/tonne CO2 en 2016 à 56€ en 2020 puis 100 euros en 2030. Avez-vous l’intention de confirmer cette décision ou de la modifier ?



JL Mélenchon

Selon certains experts, la taxe carbone (Contribution Climat-Energie) ne serait efficace qu’au-delà de 30€/tonne CO2. De ce point de vue, il conviendrait d’arriver le plus vite possible à cette valeur, sans attendre. Mais ce n’est qu’une partie de la réponse.
En définitive, cette contribution s’exerce sur le consommateur final (biens de consommation ou énergie) sans qu’il ne puisse participer à un quelconque choix : un automobiliste ayant acheté un véhicule diesel (favorisé à l’époque par une fiscalité moindre, mais plus onéreux) n’a bien souvent pas le choix de changer pour un véhicule moins polluant.
Cette contribution est transparente pour le fournisseur d’énergie, quel qu’il soit.
Ce type de taxation n’a pas pour effet de diminuer la consommation d’énergie, mais seulement la diminution de la consommation d’énergies fossiles, et pour nous, le problème de la consommation globale d’énergie ne peut pas être séparé de celui du réchauffement climatique.

N Dupont-Aignan

Les récents déboires entourant l’écotaxe m’incitent à adopter une attitude plus responsable qui ne soit pas fondée sur la contrainte mais sur l’incitation et l’accompagnement. Outre les deux mesures citées question II. 1. concernant la transition écologique dans le secteur du bâtiment et le renouvellement du parc automobile, la révision de la loi sur la transition énergétique que je propose instaurera un plan unique pluriannuel glissant, révisé en fonction de trois critères : le coût de la tonne de CO2 ou de combustibles fossiles évités ; la production d’énergie décarbonée au meilleur coût ; les emplois créés. Un guichet régional sur la fiscalité verte sera créé afin d’orienter les Français perdus dans le maquis des subventions et des allègements fiscaux. Les Français auront aussi la possibilité d’ouvrir un livret d’épargne « dispositifs d’économie d’énergie ». Il permettra à ceux qui souhaitent réaliser immédiatement des travaux d’emprunter pour les financer, et à ceux qui ont l’intention de réaliser ce type de travaux à l’avenir, d’épargner en vue de les réaliser plus tard.

E. Macron

Oui j’ai annoncé lors de la présentation de mon programme que la taxe carbone sera rehaussée, conformément à la trajectoire prévue dans la loi sur la transition énergétique, à savoir 56 €/tonnes en 2020 et 100 €/tonne en 2030. D’autre part, les hausses annuelles des cinq prochaines années seront votées dans la première loi de finances à la fin de l’année 2017.
Je veux que la France soit un leader mondial de la lutte contre le réchauffement climatique. C’est pourquoi je fais de la hausse progressive de la taxe carbone un des éléments clefs de ma politique énergétique.

F. Fillon

Je m’inscris dans les engagements pris par la France à la conférence de Paris sur le climat (COP 21). Au niveau européen, il convient de redresser le prix du carbone, préalable à toute politique sérieuse et efficace de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Un prix du CO2 plancher, atteignant au moins 30€/tonne, doit être visé à l’échelle européenne. Pour atteindre ces niveaux de prix, une première étape consistera à résoudre les difficultés récurrentes du marché des quotas européens qui, depuis sa création, n’a pas réussi à faire émerger un prix du carbone suffisamment élevé.
Pour cela, la France devra convaincre ses partenaires européens d’une hausse du prix des quotas carbone (par la limitation du nombre de quotas), en commençant par mettre en place un prix plancher du CO2 pour la production électrique. Nous mettrons aussi en place une régulation environnementale aux frontières de l’Europe. Sinon, une hausse du prix du CO2 en Europe aura pour seule conséquence l’affaiblissement de notre industrie et la délocalisation des émissions de CO2 hors d’Europe.
Au niveau international, je m’assurerai de la mise en œuvre des accords de Paris et veillerai à leur application et à ce qu’au-delà des déclarations, les engagements de chacun soient respectés.

F. Asselineau

Nous voulons non seulement respecter les engagements de la COP21, mais nous portons l’ambition d’aller plus loin encore. L’efficacité de la taxe carbone est grandement diminuée par la liberté totale des mouvements de capitaux qui permettent aux entreprises de délocaliser vers des pays moins regardants sur les normes environnementales. C’est pourquoi une politique écologique cohérente impose de sortir de l’Union européenne, qui organise ces délocalisations par l’article 63 du TFUE (article interdisant toute restriction aux mouvements de capitaux). Sans cela, les mesures environnementales ne sont que des soins palliatifs dans un système qui pousse au productivisme et qui organise la domination des intérêts industriels et financiers au détriment de la planète.

B. Hamon

La tonne de carbone est aujourd’hui quasiment gratuite. Lui donner un prix adéquat permettra de donner aux industriels européens, qui l’appellent eux-mêmes de leurs vœux, un signal prix équilibré et fort sur le carbone pour engager la transition écologique. Un premier pas a été fait avec un début d’accord au dernier conseil « environnement », mais il faut aller plus loin et plus vite. Je propose de revoir à la hausse l’évolution de la taxe carbone, pour qu’elle atteigne 100€ la tonne en 2020, puis 200€ la tonne en 2030.

N. Arthaud

Encore une fois, je ne serai pas au pouvoir. Mais je pense que cette loi de transition énergétique va justifier des augmentations du tarif des énergies importantes, des augmentations qui s’imposeront aux couches populaires et qu’il faudra combattre.

J. Lassalle

Je ne vois pas en quoi les marchés de droits à polluer ont eu la moindre efficacité contre le changement climatique. La loi est ce qu’elle est, mais comme je l’ai dit, nous devrons rouvrir le débat sur nos choix énergétiques, et mieux comprendre comment nous pouvons ensemble maîtriser ces changements climatiques ou nous y adapter.





 COP 21

II.4 L’accord de Paris sur le climat est marqué par une tension entre un objectif ambitieux, limiter le réchauffement global à moins de 2°C par rapport au climat pré-industriel, et la trajectoire sur laquelle nous placent les engagements volontaires des différents pays, conduisant à la poursuite de l’augmentation des rejets de gaz à effet de serre jusqu’en 2030. Quelle est votre vision des actions à mener au cours des cinq prochaines années pour atteindre les objectifs annoncés ?



JL Mélenchon

La réponse peut sembler simple : s’engager résolument dans la transition énergétique. De ce point de vue, l’action des gouvernements passés, au-delà du discours, a été plus que timide, voire à rebours des engagements : quid des centaines de milliers de logement réhabilités thermiquement inscrit dans le "Grenelle de l’Environnement", et simplement répétés dans la loi de Transition Energétique ? Qu’en est-il de l’engagement de fermer la centrale de Fessenheim avant la fin du quinquennat, et de parvenir à 50% de production nucléaire à l’horizon 2025 ? Il reste moins de 8 ans pour y parvenir, et rien n’a été mis en place. Sans même évoquer la fermeture annoncée, puis repoussée, de nos dernières centrales au charbon ?
Une première démarche sera une simplification des procédures administratives permettant l’installation de productions d’énergie par le renouvelable. Il conviendra également que l’Etat et les collectivités donnent l’exemple de la transparence (dépenses énergétiques des bâtiments publics) et de la mise en place d’une réelle transition énergétique. Ce ne sont que quelques exemples. Les outils existent, il ne manque que la volonté politique de les mettre en oeuvre. Mais en veillant à ce que ce ne soient pas les "petits", les "faibles", qui en aient à supporter le poids économique.

N Dupont-Aignan

Sur le plan national, la promotion des circuits courts dans le domaine agricole permet d’éviter des dommages environnementaux, notamment par la réduction des distances et des temps de trajets, par conséquent la consommation de carburant et l’émission de gaz à effet de serre.

L’amélioration de nos infrastructures pourra produire des effets similaires : le premier port français en termes de flux de marchandises est à l’heure actuelle… Rotterdam. Le développement du fret fluvial et l’augmentation de la compétitivité de nos ports seront aussi de nature à réduire l’émission de gaz à effet de serre.

E. Macron

Le climat sera l’une des trois priorités de l’action internationale. L’accord de Paris sur le climat a constitué une étape cruciale dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Mais ce n’est qu’un premier pas, qui doit être suivi de nombreux autres, car les objectifs que se sont fixés individuellement chaque pays s’inscrivent dans la trajectoire d’un réchauffement de l’ordre de 3°C.
Tout au long du quinquennat, je veillerai pour que année après année les pays renforcent leurs objectifs tout en faisant supporter la charge équitablement entre les pays développés et les pays moins avancés. Je me battrai pour que des sanctions soient définies et soient prêtes à être adoptées si jamais un pays venait à dénoncer ou ne pas respecter l’accord de Paris.
Les récentes positions de l’administration Trump aux Etats-Unis sont bien sûr source d’inquiétude : les réductions dramatiques des budgets de recherche et d’innovation en environnement et énergie notamment laissent présager une situation incompatible avec la trajectoire sur laquelle les Etats-Unis se sont engagés. Nous n’en serons que plus vigilants. Cela doit aussi renforcer notre détermination à faire de la France et de l’Europe le leader de la recherche et de l’innovation pour la transition écologique, qui rayonne par sa capacité d’accueil des chercheurs et innovateurs américains.

F. Fillon

Avant tout, mon engagement est de veiller à l’application des engagements pris dans le processus ayant conduit à l’accord de Paris. C’est aussi une façon de renouer avec le message universel de la France. Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les pays pour eux-mêmes ouvrent une perspective de progrès qu’il faut absolument atteindre. Le développement d’outils de mesure, de reporting, le lien fait à Paris avec les politiques d’adaptation au changement climatique, tracent une voie opérationnelle que la France s’attachera à soutenir.
Au-delà du processus des « COP », c’est le foisonnement d’initiatives de tout niveau, des autorités locales aux entreprises privées, des communautés aux Etats, qui permettront de progresser. Mon engagement est celui de remettre l’objectif climatique au-dessus dans les politiques d’énergie et d’environnement en France et de montrer ainsi une voie politique simplifiée et lisible pour tous.

F. Asselineau

Comme je l’ai mentionné, la sortie de l’Union européenne nous permettra de mettre en cohérence nos ambitions en matière de protection de l’environnement, notre mode de production et notre politique commerciale. Par exemple, les circuits courts et la production locale, que nous souhaitons développer, permettent de réduire considérablement le temps de transports des marchandises et des aliments. Cela permettra de dynamiser l’économie locale tout en réduisant la pollution. Nous devons gérer les ressources naturelles avec bon sens et promouvoir des règles de commerce international en harmonie avec ces objectifs.

B. Hamon

Cette question est au cœur de mon engagement dans cette campagne présidentielle. On a trop attendu pour prendre toute la mesure du défi que constitue le changement climatique. Alors que certains continuent à en contester l’origine anthropique, et ne font que provoquer un retard dans la mise en œuvre des mesures nécessaires, j’ai décidé de placer cette question en haut des priorités de notre pays, et d’agir pour qu’il en soit de même au niveau européen. Agir pour le climat, c’est une action transversale, qui va de la politique du logement et de l’urbanisme à celle de l’éducation, en passant par la fiscalité : je veux que chacune de nos politiques s’inscrive dans la lutte contre le changement climatique.
Je m’engage sur plusieurs aspects complémentaires et nécessaires :
Je lancerai un plan d’efficacité et de sobriété énergétique (isolation, transports en commun, véhicules propres). J’inciterai à la réutilisation des matériaux, à l’éco-conception, à des plans zéro déchet et à la sortie programmée de l’incinération.
Je porterai à 50% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2025 en favorisant la production décentralisée et citoyenne d’énergie, avec un objectif de 100% de l’énergie en 2050.
Pour une fiscalité plus verte, je modulerai la TVA en fonction de l’empreinte environnementale, je plafonnerai puis supprimerai progressivement les niches fiscales anti-environnementales en commençant par la fiscalité du diesel, en mettant en place une taxe carbone. Les ressources correspondantes seront rendues aux ménages et aux territoires.
Pour développer les nouvelles mobilités, j’offrirai des alternatives à la voiture individuelle. Je donnerai la priorité à la rénovation et au développement du ferroviaire. Je confierai la gestion de l’écotaxe aux Régions. Je m’opposerai au niveau européen au 4e paquet ferroviaire qui entend intensifier la concurrence. Je refuserai la privatisation des aéroports régionaux
Je prendrai l’initiative d’un ambitieux programme pour la transition écologique et économique, avec la mise en œuvre par un plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros.
Je proposerai à nos partenaires une Europe de l’énergie. La première communauté européenne fut celle du charbon et de l’acier. Le temps d’un nouveau souffle est venu, celui d’une stratégie européenne pour l’environnement, la sobriété, l’efficacité et l’indépendance énergétiques, la maîtrise du prix de l’énergie, la réindustrialisation et la souveraineté.
C’est donc une politique complète que j’entends mettre en œuvre pour essayer de limiter le réchauffement et réduire ses conséquences. Je m’engage donc à ce qu’en fin de mandat, les lois de finance soient être conformes avec les objectifs de la COP 21 : il s’agit de transformer notre modèle de développement, pour protéger la planète.

N. Arthaud

Entre les préoccupations affichées et les mesures à prendre il y a les intérêts privés et les profits des groupes capitalistes. Or, les États sont fondamentalement au service de ces intérêts-là et ils le resteront tant que ces groupes capitalistes resteront les véritables maîtres de la société. La COP21 en a été un exemple flagrant. D’abord, il a fallu des mois et l’approche de la 22ème conférence des Nations unies sur le climat pour que l’accord de la COP21 soit finalement ratifié. Et surtout, cet accord qui prévoit de réduire les émissions humaines de CO2 ou de méthane pour limiter le réchauffement climatique n’est en rien contraignant. Les États se sont engagés à promouvoir les énergies renouvelables ? Pas les groupes industriels privés ! Tant qu’on ne remet pas en cause le pouvoir de nuisance des intérêts capitalistes, on se condamne à l’impuissance.

J. Lassalle

Le transport aérien fait au train une concurrence abusive, et avec un grand impact sur l’environnement, puisque les carburants avion sont exemptés de taxes. Tout le monde reconnaît que c’est anormal. Pourtant, depuis 15 ans, la France ne bouge pas ; les négociations internationales sur le sujet ont accouché d’une souris, un nouveau « marché carbone » réellement applicable en 2027.

Je propose d’aligner tout simplement la fiscalité des carburants avion sur celle du diesel, en prenant les dispositions pour empêcher toute concurrence déloyale.

Sur les routes saturées de camions de l’Aquitaine ou de la vallée du Rhône, le trafic augmente de façon exponentielle, venant de l’industrie et des ports d’Europe du Nord, allant vers l’Espagne, le Portugal et le Nord de l’Afrique. Je propose de créer une Autoroute de la Mer, de la Manche à l’Atlantique, qui déchargera nos réseaux routiers des flux Nord-Sud de poids lourds.

Je veux étendre les programmes d’isolation des bâtiments et d’économies d’énergie dans le bâtiment, à condition qu’ils soient efficaces ! Je propose que tout bâtiment qui bénéficie d’une subvention publique pour des économies d’énergie, soit équipé d’une mesure de sa consommation permettant d’évaluer les économies réalisées, et d’ajuster la subvention en fonction de cette économie.

Nous devons aussi piloter avec un outil de suivi les consommations d’eau et énergie de chaque bâtiment public. Je demanderai aux opérateurs de suggérer comment économiser de l’énergie, selon les particularités de la consommation de chaque bâtiment. La Direction immobilière de l’État pourra déployer ce service pour les bâtiments publics.





 Pays en voie de développement

II.5 Les pays développés, dont la France, se sont engagés depuis 2009 à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique. Cet engagement a été confirmé à plusieurs reprises, en particulier lors de la COP21 en 2015. Envisagez-vous de maintenir cet engagement de la France, d’accélérer sa mise en œuvre et éventuellement d’en augmenter le montant pendant votre mandat présidentiel ?



JL Mélenchon

Il est toujours nécessaire d’assurer la continuité de l’Etat, surtout dans ses engagements.
Il n’est donc pas question de revenir sur celui-ci.
Cela dit, les méthodes choisies pour mettre en oeuvre ces engagements ne sont pas satisfaisantes (subventions données à des projets pour lesquels nous espérons un retour économique ou politique…). Il nous semble plus pertinent de fournir des équipements aux pays en développement, plutôt que de financer directement des structures.
Un exemple simple : construire une structure de fabrication de panneaux photovoltaïques, mise en oeuvre et gérée localement, plutôt que de subventionner l’achat de tels panneaux…

N Dupont-Aignan

J’engagerai notre pays dans l’aide au développement propre aux pays émergents. Dans le cadre du « plan Marshall » pour l’Afrique que je propose, le volet écologique comporte l’aide à l’électrification du continent africain. Il n’existe pour cela aucun obstacle technique majeur mais seulement un défi financier : réunir une subvention publique internationale d’environ quatre milliards de dollars par an pendant douze ans permettrait de sécuriser – et donc d’encourager – les investissements réalisés dans ce secteur. La France doit clairement se porter à la tête d’un tel projet, d’abord en s’engageant à y apporter une contribution digne de l’intérêt qu’elle porte au développement du continent africain, ensuite en utilisant sa puissance diplomatique pour promouvoir un tel projet auprès des autres membres de la communauté internationale.

Il faudra aussi apporter notre aide au développement de la « grande muraille verte » pour lutter contre la désertification des terres subsahariennes.

E. Macron

Le dérèglement climatique a déjà des conséquences dramatiques sur la vie des populations les plus vulnérables. Au-delà de la multiplication des catastrophes dites « naturelles », qui ont un coût faramineux, il fait peser des risques sur la production agricole, et donc sur la sécurité alimentaire ; il exacerbe les risques de conflits pour l’accès aux ressources, pousse des populations sur les routes de l’exil, avec le défi que représentent les migrants environnementaux, accroît la pression sur les zones humides et côtières… C’est un facteur majeur de déstabilisation, dont la Syrie, le Sahel et le bassin du lac Tchad sont des exemples criants. Promouvoir le développement durable des pays du Sud est le seul moyen efficace à long terme pour contenir l’afflux de migrants sur le territoire français en limitant le nombre de réfugiés climatiques. C’est à ce titre un enjeu de sécurité nationale. Il est indispensable, pour maintenir la confiance entre les parties de l’accord de Paris, de respecter nos engagements en matière de financement. Nous souhaitons en outre retrouver une ambition dans le domaine de l’aide publique au développement, notamment augmenter les dons gérés par l’AFD, dont le développement durable est une priorité.

F. Fillon

C’est à Copenhague, en 2009, lors de la conférence mondiale sur le climat (COP15), qu’a été pris l’engagement des 100 milliards de dollars par an à apporter par les pays développés à partir de 2020. Une soixantaine de milliards sont d’ores et déjà apportés et la France a pris toute sa part lors de la première capitalisation du fonds vert (1 milliard sur 10,2). Je suis très attaché à cet objectif et je ciblerai particulièrement les pays les plus vulnérables, notamment en Afrique où la population dans les zones les plus sensibles du globe est la plus appelée à se développer. L’enjeu suppose d’appeler les financements privés à se joindre aux financements publics (d’Etat et des collectivités locales), ce que les engagements pris par des groupes d’entreprises à Paris lors de la COP 21 a commencé à crédibiliser. Le succès tient à notre capacité à multiplier les sources innovantes de financement et à ouvrir la créativité dans les actions de lutte contre le changement climatique.

F. Asselineau

J’ai dit mon souhait de respecter les engagements de la COP21, et si possible d’aller plus loin. Je considère, plus largement, que la France doit développer une politique d’étroite coopération avec les pays du Sud, notamment d’Afrique, sur un pied d’égalité et de respect mutuel.

B. Hamon

En cohérence avec les mesures présentées dans la question précédente, il est nécessaire d’accompagner les pays en développement afin qu’ils puissent eux aussi prendre toute leur part à l’effort mondial. Sans cela, nous ne pourrons pas atteindre les objectifs de la COP 21. Dans la lignée des engagements pris par le président de la République alors, les financements « climat » à destinations des pays en développement passeront de 3 milliards d’euros, par an aujourd’hui, à 5 milliards en 2020, dont 1 milliard pour l’adaptation. Plus généralement, j’inscrirai notre aide publique au développement dans une trajectoire de 0,7 % du revenu national brut. Je porterai nos subventions à un milliard d’euros par an à partir de 2020, financées notamment par l’élargissement de la taxe sur les transactions financières. La France accompagnera tout particulièrement les transitions avec nos partenaires d’Afrique, en Méditerranée et au Sahel.

N. Arthaud

Les 100 milliards de dollars par an estimés nécessaires par l’accord de Paris pour financer la transition énergétique, s’ils ne restent pas un vœu pieux, seront avant tout un nouveau moyen pour ces groupes industriels de tirer de nouvelles subventions de l’État. On peut être certain que le climat passera après… L’intérêt général de l’humanité est incompatible des intérêts particuliers de ces trusts qui pour satisfaire leurs actionnaires pillent les budgets publics, avec la complicité des gouvernements.

J. Lassalle

Définissons ce que nous voulons faire ensemble. Je propose d’aider l’Afrique et les espaces tropicaux à apprivoiser le soleil ; et, dans les îles, la captation de l’énergie thermique des mers.