Questions de science
et de technologie


 Santé publique

I.1 Santé publique : les pathologies du cerveau, les maladies dégénératives et les pathologies mentales, le tabac et autres addictions, l’obésité, les infections par des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques, les émissions de particules, les maladies infectieuses émergentes ou ré-émergentes… menacent la santé de nos concitoyens. Quelles mesures comptez-vous prendre en terme de recherche et de prévention pour protéger la santé publique ?



JL Mélenchon

La transition écologique que nous défendons, l’interdiction de certaines substances et les politiques sociales de suppression de la pauvreté et de réduction des inégalités sont des politiques en faveur de la santé. Il convient aussi de développer significativement la prévention, l’éducation à la santé et ceci dès le plus jeune âge ou encore l’éducation thérapeutique qui devient absolument nécessaire dans le contexte de transition épidémiologique auquel nous faisons face.
Le projet de la France Insoumise prévoit la mise en place d’un pôle public du médicament, dégagé des intérêts économiques et indépendant des industries pharmaceutiques pour disposer de produits de santé sûrs. Il disposera d’un laboratoire de recherche et de développement et disposera ainsi de moyens renforcés notamment pour le contrôle des médicaments mis en circulation mais aussi pour continuer à rechercher les traitements les plus adaptés.

N Dupont-Aignan

L’explosion de maladies chroniques liée l’absence de politiques de prévention (3,7 millions de personnes en Affections de Longue Durée en 1994 ; 9,9 millions en 2014), ainsi qu’à l’évolution de notre mode de vie – alimentation fondée sur une nourriture ultra-transformée, la pollution atmosphérique, et au contexte social (relation au travail, inégalité, précarité), appelle une politique forte en matière de prévention.

Je propose de mettre en place un modèle de santé s’appuyant sur les nouvelles technologies et les nouveaux outils de dépistage, qui permettra de diminuer les dépenses de Sécurité sociale. Il faut accompagner :
• L’évolution vers une médecine préventive et prédictive : mesure, grâce à des objets connectés, des données relatives à notre corps et à ses activités afin de les analyser et/ou de les partager en vue d’avoir un meilleur contrôle sur notre bien-être ou notre santé.

• Les patients mieux informés et acteurs de leur santé s’appuieront sur les nouvelles technologies pour structurer des communautés de patients notamment pour les maladies chroniques (forums de discussion/réseaux sociaux), suivre leur état de santé (objets connectés/santé mobile) ou encore se former (e-learning/e-coaching).

• Les professionnels de santé connectés, co-acteurs d’un collectif de soins s’appuyant sur de nouveaux outils performants centrés sur les pratiques médicales, la mise en réseau des professionnels de santé et la refonte des parcours de formation.

E. Macron

Nous faisons face à des défis nouveaux qui prennent une ampleur considérable. Vous parlez à juste titre des maladies neurodégénératives, des dizaines de milliers de morts liées au tabac ou à l’alcoolisme. Les risques épidémiques, les bactéries résistantes aux antibiotiques, sont des sujets à traiter en urgence qui nécessitent un investissement de fond. Nous pensons d’ailleurs que ces questions doivent aussi être traitées à l’échelle européenne. Car les enjeux se sont internationalisés : risque épidémiologique (H1N1, Ebola), moyens nécessaires pour la recherche de pointe, traitement des grandes masses de données pour aller vers une médecine personnalisée, enjeux économiques liés à la libre circulation des produits de santé….Or, si les menaces épidémiques et les menaces sanitaires majeures ont légitimé l’intervention communautaire pour garantir un bon niveau de protection de la santé humaine en Europe, on peut déplorer l’absence d’esquisse d’une politique de santé européenne. C’est aussi un enjeu social fort pour l’Europe, quand on sait que la mortalité infantile peut se trouver multipliée par 6 d’un pays à un autre sur notre continent.
Par ailleurs, on découvre chaque jour l’impact de l’environnement dans la survenue de nombreuses pathologies. Aujourd’hui, plus de 60% de la population française respire un air pollué, qui est responsable de la mort prématurée de 48 000 personnes chaque année. La pollution chimique, les perturbateurs endocriniens, les pesticides nous exposent à des conséquences sanitaires de moins en moins contestables, comme des cancers ou la baisse de la fertilité. La prévention doit devenir la valeur cardinale de la politique de santé en France. Il faut investir vraiment et durablement dans la prévention, que ce soit à l’école, au travail, au domicile, à tous âges. La mobilisation de 40 000 étudiants en santé pour des actions de prévention en sera une concrétisation visible.
Dans ce contexte, la santé environnementale sera une priorité du quinquennat. Cet objectif doit être reflété dans tous les domaines : l’agriculture, l’alimentation, les produits contenant des perturbateurs endocriniens, les transports, le chauffage, et bien d’autres.
Nous mènerons une campagne de mobilisation pour la santé environnementale de même ampleur que le plan cancer afin de sensibiliser les Français et d’inciter à de nouvelles pratiques de consommation. Nous réunirons en particulier tous les acteurs de la filière alimentaire afin d’élaborer un agenda des solutions pour l’alimentation, dans le cadre d’un “Grenelle de l’alimentation” : nous y définirons un calendrier prévoyant l’élimination progressive des pesticides, en commençant par ceux qui présentent un risque pour la biodiversité ou la santé, et le développement d’alternatives. Nous soutiendrons l’adoption d’exigences similaires au niveau européen, dans le but d’accélérer la mutation de la filière agroalimentaire. Dès le début du quinquennat, nous séparerons les activités de conseil aux agriculteurs et de vente des pesticides qui peuvent susciter des conflits d’intérêt. Enfin, d’ici à 2022, l’ensemble de la restauration collective – les cantines des écoles et les restaurants d’entreprise – devra proposer au moins 50% de produits biologiques, labellisés de qualité, ou locaux.
Afin de protéger les Français contre les perturbateurs endocriniens, nous interviendrons avec fermeté au niveau européen pour revoir totalement les méthodes d’évaluation des produits, et rendrons plus transparente la rémunération des experts. Nous promouvrons la position de la France comme leader dans la recherche sur l’impact de ces substances et sur nos capacités à les remplacer. L’Etat interdira au plus vite les perturbateurs endocriniens repérés comme ayant des impacts sanitaires avérés ou probables, dès lors qu’il existe des solutions scientifiquement reconnues comme moins toxiques. Enfin, nous mettrons en place un site national d’information des Français sur ces perturbateurs, particulièrement pour les produits commercialisés à destination des enfants et des femmes enceintes.
Quant à la qualité de l’air, nous nous fixons le cap de permettre à tous de respirer un air conforme aux normes communautaires et aux recommandations de l’OMS d’ici 2025. Pour y parvenir, nous soutiendrons la transition vers un parc automobile propre : prime exceptionnelle de 1000 euros pour la reprise des véhicules moins propres, alignement de la fiscalité du diesel… Nous pèserons aussi pour renforcer les normes anti-pollution européennes pour les véhicules neufs et les contrôles en conditions réelles (en tirant les enseignements du scandale Volkswagen), avec pour objectif de long terme de n’avoir plus, en 2040, aucune vente de véhicule thermique
En même temps que se lèvent ces défis et ces risques, l’évolution des approches et le progrès technologique laissent présager de nouveaux moyens de prévenir, diagnostiquer, et traiter les maladies. Il est donc fondamental de soutenir la recherche, fondamentale et clinique, en biologie, en sciences humaines, parce que la France doit être et rester à la pointe en recherche en santé. Emergent notamment de nouveaux champs multidisciplinaires où se croisent nanotechnologies, biologie, technologies de l’information et sciences cognitives, qui peuvent amener le meilleur, à condition bien sûr de mener en parallèle une réflexion bioéthique, et de ne pas laisser les industriels seuls sur ce terrain.

F. Fillon

La fréquence des maladies chroniques a explosé au cours de ces dernières décennies. Aujourd’hui, ce sont 10 millions de Français qui sont pris en charge pour des affections graves de longue durée : maladies cardiovasculaires, respiratoires, mentales, neurodégénératives, diabète, cancers. Une grande partie d’entre elles, liées à de mauvais mode de vie et aux conditions environnementales, sont évitables.
La prévention est au centre de mes propositions santé. C’est une véritable éducation à la santé que doivent recevoir nos concitoyens, dès leur plus jeune âge et tout au long de la vie. Je lancerai un grand Plan Santé à l’école débutant dès l’école maternelle, et reposant sur l’éducation à la santé (nutrition, activité physique, sommeil, gestes simples pour se prémunir d’effets délétères de l’environnement) et sur la prévention des addictions (écran, tabac, alcool, cannabis et autres drogues). L’Etat s’appuiera sur la Haute Autorité de la Santé (HAS), sur les médecins scolaires et sur les enseignants pour définir un parcours éducatif à enseigner à chaque niveau de scolarité. Je ferai prendre en charge par l’assurance maladie une consultation de prévention tous les deux ans pour tous les Français. Le contenu de cette consultation sera adapté en fonction des risques et de l’âge. Il sera défini en lien avec les représentants des professionnels de santé et la HAS. Elle sera assurée par le médecin traitant qui verra ainsi reconnaître son rôle clé dans le « maintien en bonne santé » des Français. Enfin, un « parcours de prévention » sera proposé aux Français. L’assurance maladie transmettra à chaque Français un document personnalisé qui indiquera, pour chaque âge de la vie, les comportements personnels (alimentation, pratique du sport…) et les actions de suivi médical permettant à chaque Français d’être acteur de son maintien en bonne santé et de son bien-vieillir. Ce document, associé aux visites de prévention, promouvra les vaccinations.
L’environnement peut avoir des effets néfastes sur la santé. Je prendrai l’exemple des perturbateurs endocriniens (PE). Les PE sont inscrits malheureusement partout dans notre vie moderne confortable : alimentation, médicaments, cosmétiques, habitat, eau, agriculture. Ils contribuent à l’apparition de maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers, infertilité et pourraient avoir un rôle dans les maladies neurodégénératives et l’autisme. Enfin, l’exposition fœtale et lors de la petite enfance est préoccupante car elle a un retentissement tout au long de la vie, voire aussi sur la descendance. Je poursuivrai une politique ferme d’interdiction de l’usage de PE, à l’image de la suppression en 2010 du bisphénol A dans les biberons, suppression inscrite dans la loi Grenelle II. Il s’agit aujourd’hui de veiller à sa stricte application et de s’assurer que ce PE n’est pas remplacé par un autre comme le bisphénol B. J’aurai une politique sur l’habitat durable en incitant fiscalement les particuliers et les professionnels à l’utilisation d’écomatériaux et en les informant par un étiquetage lisible. La France, via les lois Grenelle I et II issues du Grenelle a été novatrice sur la protection de l’environnement. Je poursuivrai son action en particulier au niveau Européen.
La France a été à l’avant-garde de l’action et de la recherche sur les PE. Elle tiendra cette place en renforçant son expertise, autour de l’ANSES, en développant les méthodes d’évaluation des risques adaptées et validées. Je veillerai à ce que soient présentées des études objectives qui ne prêtent pas le flanc à la défiance. Je ferai des études relatives aux modifications épigénétiques qui touchent les individus un axe transversal de recherche, que l’on devra retrouver en particulier dans les Plans Cancer, Maladies neurodégénératives et Autisme. Je donnerai de réels moyens à l’IFRES, Initiative française de recherche et environnement santé. Je poursuivrai le Plan National Santé Environnement, là encore en lui donnant des moyens.
L’Etat doit retrouver un rôle de coordination d’une politique nationale de santé publique cohérente et de long terme. Cette politique implique une coordination entre plusieurs ministères : Ecologie, Agriculture, Santé, Enseignement supérieur et Recherche mais aussi Industrie. C’est un enjeu essentiel pour notre santé, pour notre environnement, dès maintenant et pour les générations futures.

F. Asselineau

La santé est une des préoccupations majeures des Français qui sont très attachés à leur système de santé publique dont les premières traces remontent à 1260, quand Louis IX avait fondé l’hôpital des Quinze-Vingts sur les deniers publics. La création de la Sécurité sociale à la Libération a consacré une avancée majeure, fruit d’un grand compromis de la société française sur le droit fondamental d’accéder aux soins et à la prévention.

Protéger la santé publique, c’est avant tout arrêter la destruction progressive de ce système qui est actuellement organisée par l’Union européenne dans le dos des Français. On cherche à nous imposer le « modèle » américain d’une santé privée, ce qui revient à avoir une santé de qualité pour les riches et une santé médiocre pour les pauvres. Les déremboursements progressifs des médicaments, la promotion des mutuelles privées, la confiscation du débat public par les lobbies pharmaceutiques vont dans ce sens, sans que jamais les Français n’aient choisi cette voie. En proposant la sortie de l’Union européenne, je souhaite redonner au peuple français sa démocratie, c’est-à-dire son droit inaliénable à choisir son système politique et social.

Nous assurerons une prise en charge de la maladie à 100% par la Sécurité sociale, dont l’existence sera garantie par la Constitution. Nous sanctuariserons une médecine accessible sur l’ensemble du territoire et un meilleur remboursement des frais de santé en mettant un terme aux déremboursements de médicaments imposés par l’Union européenne. Nous lancerons une grande politique publique de médecines douces et alternatives, encadrée par des expertises médicales incontestables, afin de réduire la dépendance aux grands laboratoires pharmaceutiques.

Le modèle du tout-privé de l’Union européenne menace également la recherche, dans son indépendance et sa vocation profonde à servir le bien commun. Nous revaloriserons la recherche publique et indépendante et veillerons à assurer une formation de qualité aux étudiants dans le domaine de la santé.

B. Hamon

La France a aujourd’hui besoin d’un programme national de recherche en santé publique qui doit permettre des progrès dans les domaines de la prévention, des politiques de santé et de la lutte contre les inégalités de santé. L’INSERM en a fait une priorité, il faut la soutenir budgétairement de manière plus importante. Ce programme de recherche sera le pilier de la transformation du système de santé en matière de prévention, d’innovation médicale, de santé environnementale ou de démocratie en santé. Mon objectif est de construire une politique de santé active, plutôt que passive et conduisant à des déremboursements au vu de l’augmentation des dépenses de santé, dont certaines pourraient en fait être évitées. Ma philosophie est d’appuyer les politiques publiques sur deux piliers : des valeurs claires, comme l’égalité et la justice, et une méthode moderne, en m’appuyant sur les travaux des chercheurs pour utiliser les dernières avancées de la science, alors que trop souvent on continue des politiques dont l’évaluation scientifique montre qu’elles sont dépassées.
La Stratégie nationale de santé, la loi de modernisation de notre système de santé et les grands plans de santé publique ont bien identifié les défis actuels. La recherche en santé publique doit être à la hauteur des enjeux de ces politiques : une recherche de pointe, reconnue à l’international, tournée vers l’innovation et les technologies de rupture, contextualisée et adaptée aux besoins d’amélioration du bien-être des populations et de l’efficience du système de santé et en capacité d’éclairer la décision publique.
Parallèlement, la politique de prévention en santé sera renforcée par les mesures suivantes :
1. Parce que c’est dès le plus jeune âge que la prévention est la plus efficace, je renforcerai l’éducation et la promotion de la santé à l’école autour du « Parcours éducatif », avec plus de place pour le sport, le renforcement de la médecine scolaire sur la prévention, l’apprentissage de la nutrition et des comportements favorables à la santé, l’interdiction faite aux lobbys de rentrer dans les cours d’écoles.
2. Le budget de la prévention et son évolution seront inscrits dans la loi afin de mieux pouvoir la piloter.
3. Pour protéger la santé des consommateurs et des agriculteurs, je soutiendrai l’agriculture biologique à prix accessibles et interdirai les perturbateurs endocriniens et les pesticides dangereux. Je favoriserai la recherche et le développement de produits de substitution dont l’innocuité est avérée.
4. Parce que l’air que nos enfants respirent est devenu dangereux, nous organiserons la sortie du diesel, la généralisation de la voiture électrique, l’arrivée de la voiture à hydrogène, le recours aux énergies renouvelables non polluantes et le renouveau du train via le ferroutage.

N. Arthaud

Je ne serai pas élue. Je me présente pour défendre les intérêts du monde du travail, mettre en avant les revendications vitales des travailleurs, celles pour lesquelles il faudra lutter collectivement quelque soit le prochain gouvernement. Ceci dit, je pense que l’état de la recherche et de la santé publique est aussi une conséquence de la guerre sociale que mènent tous les gouvernements depuis plusieurs décennies contre la population. Dans cette guerre, les crédits publics ont été détournés par dizaines de milliards au profit des entreprises et de leurs actionnaires, laissant à la recherche la portion congrue. Un Etat au service des intérêts de la collectivité commencerait par arrêter toutes ces subventions et exonérations de cotisations sociales et investirait dans la recherche publique, rétablirait les crédits amputés ces dernières années, embaucherait des chercheurs, des techniciens, des ouvriers dans des laboratoires. Il en va non seulement de l’emploi nécessaire à des millions de travailleurs au chômage, mais aussi de l’avenir de la société. Les industriels, les capitalistes de la pharmacie n’investissent que lorsqu’ils pensent que des profits sont à la clef. Ils n’en ont que faire de la santé des populations. Pour satisfaire les enjeux à venir en matière de santé publique, il ne faut pas les laisser faire, il faut au contraire organiser rationnellement la recherche en la mettant sous le contrôle de la collectivité.

J. Lassalle

Je propose de créer un Institut National pour la Qualité de la Vie, avec un budget important qui lui permettra de financer sur tout le territoire des projets, des recherches-actions.

Le monde agricole, dont je viens, fait encore grand usage de pesticides. La Politique agricole commune (PAC) et le ministère français de l’Agriculture nous ont orientés vers un productivisme à tout crin. La PAC a réduit nos agriculteurs à l’état de sous-traitants de grandes entreprises qui leur fournissent les semences, les intrants, et leur achètent leur production à des prix de plus en plus dérisoires. L’enseignement agricole, si efficace des années durant, est resté enfermé dans ce modèle productiviste.

Il existe pourtant en France une agriculture de qualité, attachée au respect des bêtes et des plantes : celle que j’ai connue quand j’emmenais les brebis à l’estive. Une tradition que le pastoralisme a conservée intacte en Haut-Béarn.

Je déclarerai les campagnes de France " grande cause nationale ". Je reprendrai 3 milliards sur le budget de la PAC pour soutenir ces agriculteurs qui, de toutes leurs forces, aiment leur métier et attendent qu’on les soutienne.

Nous devons évaluer et revoir la politique en matière d’addictions. Nous avons de grands progrès à faire pour nous libérer des addictions. De nombreux maires, éducateurs, médecins m’ont dit s’inquiéter de la recrudescence de la consommation de drogue chez les plus jeunes. La cruauté de notre temps, l’éclatement, pour diverses raisons, de la cellule familiale, y contribuent certainement. Mais ce fléau frappe bien au-delà des jeunes ou de personnes en difficulté.

Nous devons reconnaître l’échec des politiques maintenues telles quelles depuis trente ans, une répression officielle mais presque inappliquée, et accepter une rupture. Commençons par faire le bilan de ce qui a été tenté jusqu’ici, chez nous comme ailleurs. Cherchons à mieux aider ceux qui n’ont plus actuellement aucune chance de s’en sortir seuls. Redonnons le goût d’une vie normale, à des hommes et des femmes qui ont perdu les raisons d’y croire et d’espérer.





 Vaccination

I.2. La vaccination, une des plus grandes avancées de la santé publique depuis deux siècles, fait l’objet d’une défiance croissante de la population. L’absence même partielle de vaccination fait renaître de graves dangers d’épidémies. Quelle politique vaccinale souhaitez vous mettre en œuvre pour remédier à cette situation ?



JL Mélenchon

La politique de santé publique exige que tous les individus soient soumis aux mêmes règles, pour qu’elle soit efficace, c’est pourquoi l’obligation de vaccination doit être maintenue pour les maladies infectieuses contre lesquelles il n’existe pas d’autres outils de prévention plus efficaces.
Néanmoins, il est nécessaire de retravailler la politique de vaccination française, afin de s’assurer d’une part qu’elle correspond bien à ces exigences de santé publique et non aux intérêts des industries pharmaceutiques, d’autre part qu’elle concerne uniquement les maladies pour lesquelles la vaccination constitue la politique la plus adéquate.
Nous sommes en effet attentifs aux alertes lancées par certains médecins et scientifiques concernant la composition des vaccins et notamment le choix des adjuvants. En conséquence, le pôle public du medicament que nous créerons, devra d’urgence se saisir de la question et s’assurer que le choix de l’adjuvant n’est pas commandé par des impératifs de rentabilité mais uniquement d’efficacité et de sécurité.

N Dupont-Aignan

Les études montrant la défiance particulière des Français à l’égard de la sûreté des vaccins, est sans doute difficile à interpréter mais plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Il est par exemple intéressant de noter que les deux pays de l’UE où cette défiance semble la plus forte, selon l’étude menée par l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/10/24/97002-20161024FILWWW00016-les-francais-ne-font-plus-confiance-au-vaccin.php), se trouvent être ceux où l’inoculation de certains vaccins est obligatoire – 41% des Français interrogés, 20,64% des Italiens. Ce chiffre est au contraire beaucoup moins élevé dans les pays où l’inoculation de vaccins est recommandée mais pas obligatoire – 10,5% en Allemagne, 6,3% au Danemark, 4,45% en Finlande... Par ailleurs, certains choix peuvent être légitimement critiqués : l’arrêt de la fabrication du vaccin obligatoire DT-Polio après 47 ans de commercialisation, l’inoculation de l’hexavalent, qui rend de fait obligatoire des vaccins qui ne le sont pas légalement, a pu accroître le sentiment chez certains de nos compatriotes de ne plus avoir prise sur les politiques de santé, d’une opacité et d’un éloignement des décisions les touchant sur un sujet pourtant essentiel.

Dans ce contexte, je pense que le rétablissement d’un climat de confiance entre les Français, les responsables politiques et les institutions de santé passe par plus de transparence et de liberté dans la politique vaccinale. Pour répondre à cette exigence, je propose de relancer d’urgence la fabrication du vaccin DT-Polio afin que son inoculation soit proposée à nos compatriotes au même titre que l’hexavalent. Sans perdre de vue que l’objectif reste la vaccination de l’ensemble de nos compatriotes face aux maladies les plus redoutables, il est temps de reconsidérer certaines méthodes trop directives, sources d’incompréhensions et de méfiance.

E. Macron

D’abord, nous devons rappeler que la vaccination sauve des vies. La seule rougeole tue 400 enfants âgés de 5 ans et moins chaque jour dans le monde. Des morts évitables avec un taux de couverture vaccinale suffisant. Si les pays les moins développés sont le plus en difficulté, le recul de la couverture vaccinale en France, mais aussi en Allemagne, est responsable d’une recrudescence de maladies qu’on ne pensait plus voir. Face à cela, il faut engager un véritable débat sociétal, faire reculer les peurs et retrouver une adhésion de la population à la vaccination. La vaccination fait partie intégrante du plan de prévention que nous souhaitons mettre en place. Nous faisons le constat qu’à chaque fois que les professionnels de santé, et notamment les médecins, ont été écartés des grandes campagnes de vaccination, celles-ci se sont soldées par des échecs. Il faut donc permettre aux médecins de prendre toute leur place dans le dispositif.

F. Fillon

La vaccination reste une avancée médicale majeure en santé publique ! Et d’ailleurs les stratégies vaccinales débordent aujourd’hui le champ des maladies infectieuses pour s’attaquer aux cancers en stimulant l’immunité anti-tumorale. Or elle fait effectivement l’objet d’une défiance grandissante dans les populations occidentales, voire d’attaques répétées. Comprendre les raisons qui ont mené à une telle mise en cause doit faire l’objet d’une attention particulière dans la mesure où l’on ne pourra pas y remédier en se limitant à une négation de cet état de fait. Il convient donc de mobiliser la recherche en sciences de l’homme et de la société pour analyser les déterminants d’imprégnation de cette défiance et pour proposer des actions permettant une meilleure acceptabilité. Comment sensibiliser l’individu sur la responsabilité qu’il a pour lui-même, pour ses proches et pour l’ensemble de ses semblables ? Comment l’individu peut-il se mettre au service des autres en se vaccinant et donc en limitant la propagation d’une infection ?
Parallèlement, des mesures s’inscrivant dans le volet prévention de notre projet santé viendront renforcer la lutte contre la propagation d’épidémies telle que nous venons de le vivre cet hiver avec la grippe et ses 17 000 décès imputables. La vaccination sera renforcée chez tous les professionnels de santé en contact avec le public (hôpitaux, cliniques, EHPAD, et médecine libérale dans son ensemble) afin qu’ils ne deviennent pas eux-mêmes des vecteurs de propagation ; ces professionnels seront en outre appelés à être des acteurs d’une politique publique de prévention la plus large qui commencera dès l’école par une éducation sur la santé. Dans la complémentarité de leurs tâches, médecins/pharmaciens/infirmiers agiront de concert pour la mise en œuvre de cette politique nationale de santé publique, dans laquelle la prévention et la vaccination sont des mesures-clés.
La recherche publique et privée sur les vaccins sera soutenue en anticipant toute nouvelle menace infectieuse émergente. Les recherches sur les adjuvants qui, il faut le rappeler, font partie de l’efficacité vaccinale, sera encouragée à la fois sous les angles de l’efficacité vaccinale et de l’innocuité.

F. Asselineau

Cette défiance croissance est une réaction compréhensible dans un monde où le monopole des grands laboratoires pharmaceutiques leur permet d’imposer sur le marché des vaccins plus chers et non obligatoires. Nous imposerons l’obligation légale pour l’industrie pharmaceutique de fournir la forme trivalente (diphtérie, tétanos, poliomyélite), seul vaccin obligatoire, au motif de protection de la santé publique et non d’intérêts financiers particuliers.

B. Hamon

Parce que la vaccination nous protège des épidémies, je garantirai une prévention vaccinale renforcée fondée sur des produits évalués en toute indépendance et encouragerai la recherche dans ce domaine. 
Une priorité est d’améliorer la couverture vaccinale et redonner confiance aux citoyens. Au cours des trois dernières décennies, nous avons assisté à la montée d’une réelle défiance vis-à-vis des vaccins, même si la grande majorité de la population y reste favorable. Cette défiance injustifiée s’est traduite par une insuffisante couverture vaccinale et la résurgence d’épidémies de maladies infectieuses et très contagieuses comme la rougeole en 2011. Même le taux de couverture vaccinale parmi les professions de santé, y compris contre la grippe, est insuffisant. Les inégalités sociales sont importantes. Cette situation me préoccupe fortement car nous courons le risque d’un recul sanitaire majeur.
Parallèlement, l’offre pharmaceutique de vaccins doit être améliorée afin de permettre à chacun d’utiliser les seuls vaccins obligatoires alors que souvent ils sont associés à des vaccins non-obligatoires (vaccins dits « hexavalent » : DTP + coqueluche + haemophilus influenza +hépatite B). C’est une injonction du Conseil d’Etat qu’il faut mettre en œuvre rapidement.
De nombreuses mesures ont été prises depuis 2012 pour améliorer la couverture vaccinale : l’élargissement de l’habilitation de certains professionnels à pratiquer la vaccination (sages-femmes) ; la mise en place d’une expérimentation sur le carnet de vaccination électronique ; la mise en place d’une communication obligatoire de la part des industriels sur l’état de leurs stocks de vaccins aux autorités pour gérer au mieux les éventuelles pénuries. 
Parallèlement, Marisol Touraine a souhaité impliquer toute la population dans une réflexion sur le sujet en posant un cadre pour débattre et une grande consultation nationale a été organisée par un comité d’orientation indépendant présidé par le Professeur Alain Fischer qui a rendu son rapport le 30 novembre dernier. Le rapport privilégie, entre autres mesures comme l’amélioration de l’information et un carnet de santé électronique, un élargissement de l’obligation vaccinale temporairement à 11 vaccins gratuits. Le comité estime que cette option est le meilleur compromis entre les impératifs de santé publique et l’acceptabilité par la population. Cette proposition, qui résulte d’une argumentation scientifiquement fondée et d’une large consultation, sera mise en œuvre. Cependant, pour rendre le message plus facilement intelligible et assimilable, son caractère provisoire ne sera pas mis en avant, de même que d’éventuelles clauses d’exemption qui devront exister tout en étant traitées au cas par cas. 

N. Arthaud

Il y a toujours eu une fraction de la population pour s’élever contre la vaccination au motif qu’elle serait dangereuse ou qu’elle porterait atteinte aux libertés individuelles, ou encore qu’elle s’opposerait à dame nature voire à dieu et à la providence. Ce courant continue d’exister, alimenté par tous ceux qui font l’éloge du « naturel », en oubliant que si l’espérance de vie à la naissance a pratiquement doublé au cours du siècle dernier, c’est en grande partie grâce à la vaccination, du moins dans les pays riches, là où les populations y ont eu accès. Mais si aujourd’hui en France, la défiance envers la vaccination grandit, c’est surtout du fait d’une défiance envers l’industrie pharmaceutique.
À l’heure actuelle, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires. Jusqu’en 2008, il existait un vaccin dit trivalent qui immunisait contre ces trois maladies, le DTPolio. Depuis il a été suspendu par l’Agence du médicament en raison d’une augmentation du nombre d’allergies qu’il entraînait. Les enfants sont désormais vaccinés avec des vaccins combinés : un vaccin tétravalent qui protège en plus contre la coqueluche, un pentavalent qui ajoute une protection contre des méningites et un hexavalent qui associe l’hépatite B. Depuis 2015, les deux premiers sont en rupture de stock et seul l’hexavalent est disponible… qui est aussi beaucoup plus cher. De quoi occulter la discussion sur l’utilité incontestable de la vaccination, pour la remplacer par celle sur la non moins incontestable soif de profit des laboratoires qui fabriquent les vaccins.
Il en va de même de la discussion sur la dangerosité des adjuvants, des sels d’aluminium entrant dans la fabrication des vaccins pour augmenter la force et la durée de la réponse immunitaire. Utilisés depuis bientôt 100 ans, ces sels d’aluminium se retrouvent dans 50 % des vaccins. Des organismes officiels de santé publique affirment que cet adjuvant ne pose pas de problème de sécurité, surtout si on le met en rapport avec les avantages qu’il procure. Mais le doute s’installe quand des spécialistes mettent en cause ces sels d’aluminium dans la survenue de maladies rares et surtout parce que la confiance dans les organismes de santé a été mise à mal ces derniers temps. De l’hormone de croissance au Médiator en passant par le traitement de la grippe H1N1, ce sont les scandales sanitaires, tous engendrés par la soif de rentabilité, qui ont largement entaché la confiance dans la vaccination.
On en arrive aujourd’hui à ce que certains proposent la suppression de l’obligation de vaccination, pour la remplacer par la responsabilité et la conscience de chacun de la nécessité de se faire vacciner. Voilà qui pourrait mettre en péril les progrès apportés par la vaccination qui, par définition, ne peut être efficace que si elle est générale et collective, parce que l’immunisation envers les bactéries n’est efficace que si elle concerne l’ensemble du groupe humain.

J. Lassalle

Beaucoup de personnes m’ont interpellé sur ce sujet de la vaccination. Je ne suis pas médecin, ni spécialiste de santé publique. Le rôle du chef de l’État est d’organiser le débat pour que la décision soit éclairée. Le Haut Conseil de la Santé Publique a publié en février 2016 un rapport sur le sujet ; un « jury » de professionnels de santé s’est prononcé fin 2016. Nous devons prendre le temps d’examiner leurs conclusions et d’en tirer les conséquences.

Quelque chose qui n’est pas, bien sûr, de la vaccination, mais qui se passe à la même étape de la petite enfance, et que nous faisons très mal, c’est le dépistage de situations de handicap, ou d’allergies. Ces situations posent de toute façon de grandes difficultés à ceux qui en sont atteints et pèsent sur leurs familles. Mais c’est pire encore quand les parents ne comprennent pas ce qui se passe et se désespèrent. Je veux en particulier que nous repérions au plus tôt, avant l’entrée en maternelle, les troubles autistiques.





 Biodiversité

I.3 Quelle sera votre stratégie vis-à-vis des 17 objectifs du développement durable des Nations Unies, et en particulier vis-à-vis de la préservation de la biodiversité terrestre et aquatique ?



JL Mélenchon

Les mesures que nous proposons en la matière sont les suivantes :
- Refuser la brevetabilité du vivant à tous les niveaux, lutter contre la biopiraterie
- Refuser les OGM, bannir les pesticides nuisibles en commençant par une interdiction immédiate des plus dangereux (glyphosate, néonicotinoïdes, etc.)
- Gérer durablement l’eau, bien commun essentiel à toute forme de vie : lancer des programmes de dépollution des cours d’eau et océans et de récupération des déchets flottants, favoriser la création de régies publiques de l’eau au niveau local pour une gestion démocratique
- Sanctuariser le foncier agricole et naturel et lutter contre l’artificialisation des sols

N Dupont-Aignan

Je souscris pleinement à l’esprit des 17 objectifs fixés par les Nations Unies, notamment en ce qui concerne l’aide aux pays en voie de développement pour éradiquer la faim. Je propose en effet un « plan Marshall » en faveur de l’Afrique visant, sous l’égide de la FAO, à aider massivement les investissements agricoles dans les pays en développement.

Concernant la biodiversité terrestre et aquatique, la préservation des habitats naturels est la condition indispensable au développement des espèces animales et végétales. C’est d’ailleurs bien souvent le maintien des secondes qui permet la survie des premières. Les haies, bosquets, ruisseaux qui séparent les champs sont ainsi des viviers pour le maintien de la biodiversité. Ces habitats sont aujourd’hui mis en danger par l’artificialisation des sols et le développement d’exploitations agricoles toujours plus vastes. Pour préserver les terres naturelles, je propose :

• D’alléger la fiscalité sur les terres non-bâties. Avec une rentabilité inférieure sur les terrains non-bâtis et une taxation identique, les propriétaires sont aujourd’hui encouragés à construire et artificialiser les sols.
• D’augmenter la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) et reverser le produit fiscal aux départements afin de limiter l’extension des grandes surfaces et centres commerciaux au détriment des terres naturelles.

Je suis fort, en la matière, de mon expérience à la mairie d’Yerres, laboratoire d’idées et de projets que je veux étendre à la France si je suis élu président de la République. Pour le massif forestier de l’Arc Boisé, j’ai établi, avec deux autres maires, une charte qui décline les points suivants :

-  Garantir l’intégrité de la forêt ;
-  Renforcer la biodiversité ;
-  Connaître, protéger, valoriser le patrimoine historique, naturel et paysager ;
-  Améliorer l’accueil du public et informer la population sur la vie et la gestion de la forêt.

La multiplication, l’extension et la préservation de ces espaces protégés constitueront l’un des axes principaux de ma politique en faveur de la biodiversité.

La préservation de la biodiversité de nos espaces marins passe en premier lieu par une meilleure connaissance des richesses qu’ils contiennent. C’est pourquoi je prévois, dans le cadre de ma politique maritime, un grand projet d’exploration et d’inventaire de notre ZEE. L’extension et la création nécessaires d’espaces maritimes protégés sont inenvisageables sans un accompagnement de nos pêcheurs sous peine de générer un désastre pour l’emploi. Cet accompagnement prendra forme dans :
• La sanctuarisation des « arrêts biologiques » rémunérés.
• La simplification de la réglementation : uniformisation du principe du quota en journées de pêche ou en marée et non plus en kilos pour éviter la fraude et le rejet de poisson commercialisable lors de leurs atteintes.
• Le soutien à la recherche sur l’étude d’un réensemencement d’alevins en milieu naturel, qui pourra déboucher en partenariat avec les fermes marines françaises à un geste écologique de grande ampleur.
• Le fait de permettre aux petites pêcheries de participer activement à l’essor de la culture d’algues marines, l’or vert, en tant que revenu complémentaire.

E. Macron

L’adoption des 17 Objectifs du Développement Durable par l’ensemble des pays du monde constitue une révolution pour la planète : pour la première fois, tous s’accordent sur les grandes priorités pour concilier les trois piliers du développement : l’économie, le social et l’environnement. C’est très clair : les progrès de l’humanité auront lieu dans ces trois domaines en même temps, faute de quoi il y aura un déséquilibre insupportable pour l’environnement et les populations. C’est pourquoi je m’engage à accélérer la mise en oeuvre des Objectifs du Développement Durable en Europe et en France par une action interministérielle renforcée.
La biodiversité est largement traitée dans ces objectifs : directement à travers deux d’entre eux (l’ODD14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines ; l’ODD 15 : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification,
et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité). Elle est aussi présente de façon transversale sur les sujets des villes durables, de la production et de la consommation durable, et même du changement climatique, qui ont surtout un impact en matière de biodiversité.
La France a une responsabilité particulière en matière de protection de la biodiversité. Nous avons le premier espace maritime au monde, et nous sommes l’un des rares pays industrialisés à accueillir une forêt tropicale et à figurer parmi les 10 pays abritant le plus grand nombre d’espèces menacées.
Au niveau international, nous mobiliserons les chefs d’Etat et les entreprises dans le cadre d’une conférence mondiale afin de créer une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique. Afin d’être cohérents avec cette ambition mondiale, nous soutiendrons la préservation des espèces protégées, et mettrons en oeuvre les mesures nécessaires pour cohabiter avec nos populations de grands carnivores (loups, lynx, ours).
Nous agirons alors en France sur les principales menaces pour la biodiversité terrestre en fixant deux objectifs : mettre un terme à l’artificialisation des terres, dans le cadre de contrats avec les territoires, et faire de la France le leader de l’agriculture écologique, grâce au grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros que je souhaite déployer pendant le quinquennat, qui consacre notamment 5 milliards d’euros aux investissements agricoles, auxquels vient s’ajouter la rémunération des services environnementaux rendus par les agriculteurs à hauteur de 200 millions d’euros par an dans le cadre de la PAC.
Nos océans et la biodiversité qu’ils contiennent sont mis en danger par le réchauffement climatique, la pollution et la surexploitation. Avec presque un quart de son espace maritime bénéficiant du statut d’aires protégées, la France fait honneur à l’ambition de protection des océans. Toutefois, elle ne parvient pas encore à dépasser les contradictions inhérentes à l’exploitation de ce milieu. C’est pourquoi nous organiserons la planification des espaces maritimes avec des mécanismes de gouvernance transparents et une approche participative, assurant une prise de décision claire et prenant en compte la valeur des services rendus par les écosystèmes. En outre, nous défendrons la mise en place des quotas de pêche pluriannuels au sein de l’Union européenne pour permettre une pêche durable. Enfin, nous développerons la recherche marine, parent pauvre de la recherche française : nous consoliderons les moyens dans les sciences et technologies de la mer, conforterons les deux pôles de compétitivité consacrés à la mer, outils essentiels de partenariats public-privé dans l’innovation maritime et conserverons une expertise scientifique publique française dans le suivi et la gestion des stocks halieutiques.
Et enfin, puisque 80% de la biodiversité nationale est située dans les Outre-mer, nous y localiserons l’Agence française pour la biodiversité.

F. Fillon

Je m’inscris complètement dans cette vision pragmatique et efficace. A ce titre mon programme consacre cinq mesures pour « faire de la préservation de notre biodiversité une priorité absolue » :
• Faire évoluer notre conception de la biodiversité ajoutant à la protection de ce que l’on peut appeler la biodiversité extraordinaire (sites exceptionnels et espèces menacées), la préservation de la biodiversité ordinaire, celle que l’on détruit sans y prendre garde.
• Intégrer un volet de protection des océans face à la pêche intensive notamment de notre domaine maritime qui est avec 11 millions de km2 le deuxième au monde.
• Protéger les zones humides et les paysages, lutter contre le « mitage » de nos campagnes, préserver les espaces naturels, essentiels à la vie sauvage.
• Protéger les pollinisateurs, essentiels pour préserver la diversité de la vie végétale, notamment les abeilles.
• Faire de la protection animale une cause nationale.
Ma méthode consiste aussi à développer une écologie de projet, méthode qui a particulièrement manqué à la biodiversité jusqu’ici. C’est celle-ci qui permettra d’entrer de plain-pied dans l’ère de la restauration de la biodiversité et de la gestion durable, comme le préconisent les objectifs de développement durable. J’entends par exemple encourager les projets positifs de génie écologique qui visent à protéger la biodiversité (création de zones humides ou de forêts) ou à améliorer la qualité de l’air (développement de la nature en ville). Le travail de simplification administrative que j’engagerai profitera aux emplois dans le domaine de la valorisation de la biodiversité. J’envisage de reprendre les règles d’opposabilité pour sortir de l’ambiguïté actuelle des textes sur les questions de biodiversité et assurer une vraie opposabilité là où elle s’impose et la supprimer là où les enchevêtrements de règles « molles » qui ménagent tous les objectifs engendrent un droit de l’environnement aussi insatisfaisant sur le plan environnemental qu’incompréhensible et risqué pour les entreprises.

F. Asselineau

Nous souscrivons pleinement aux objectifs de développement durable des Nations Unies, qui correspondent à notre souhait de réhabiliter l’idée de long terme et de retrouver le sens de l’intérêt général. Nous promouvrons des mesures ambitieuses en matière de protection de l’environnement, et nous souhaitons que la France les porte à l’échelle internationale.

Il s’agit par exemple d’inclure dans les préoccupations de l’OMC la préservation de l’environnement ou la réduction des antibiotiques et des perturbateurs endocriniens dans l’agriculture. Une pareille mesure ne peut pas être mise en place tant que la France reste dans l’Union européenne. En effet, d’une part, l’article 39 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) impose un modèle agricole productiviste à l’agriculture, au détriment de la préservation de la biodiversité et des terroirs. Et d’autre part, la France ne peut pas défendre ses intérêts commerciaux et environnementaux à l’OMC où elle ne bénéficie pas d’un siège en propre, puisque c’est l’Union européenne qui est censée la représenter.

B. Hamon

La France a soutenu l’Agenda 2030 de l’ONU dont font partie les 17 Objectifs du Développement Durable, et a engagé des actions importantes pour initier le processus. Je veux leur donner une place encore plus importante dans nos priorités politiques. Il s’agit pour moi du socle du progrès : pour évaluer si une innovation apporte un progrès pour l’humanité, il faut analyser si elle permet de progresser vis-vis des 17 ODD. C’est pourquoi j’ai placé les questions du développement durable au cœur de mon projet, avec plusieurs mesures fortes :
Je lancerai une grande conférence nationale Ecologie-Prévention-Santé dans les six mois après la présidentielle qui fera de la France la nation pionnière et fer de lance en Europe dans ce domaine.
Je sanctuariserai les biens communs en inscrivant leur protection dans la Constitution. L’eau, l’air et la terre, ainsi que la biodiversité, sont des biens communs que nous devons protéger contre toute dégradation ou risque de captation privée. Alors que ces enjeux fondamentaux sont souvent traités à huis clos sous l’influence des lobbys privés, nous devons inventer une véritable démocratie environnementale qui permettra aux citoyens de décider ensemble de l’utilisation des biens communs.
Je créerai une comptabilité nationale et une comptabilité d’entreprise qui permettent de faire transparaître la dette écologique.
Je renforcerai l’Agence Française pour la Biodiversité, en doublant ses moyens et en y intégrant l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et l’Office National des Forêts
Je supprimerai les subventions dommageables à la biodiversité.

N. Arthaud

Il en va du climat et de l’environnement comme du chômage : les objectifs de développement durable sont irréalisables dans le cadre du capitalisme. Tout simplement parce que ce sont les capitalistes qui sont les véritables maîtres de l’économie et qu’ils ne connaissent que le marché et le profit. Ce sont leurs décisions d’investissement qui structurent l’organisation de la production, de l’énergie, des transports, du BTP.
Tant que l’on accepte cette mainmise sur l’économie, on peut discourir sur la sauvegarde de la mer ou sur les énergies renouvelables, mais on parle pour ne rien dire. Les États se sont engagés à réduire les émissions de carbone mais, refusant d’imposer des mesures contraignantes aux industriels, ils se sont contentés de mettre en place un marché des droits à polluer que peuvent s’échanger les capitalistes. Pour que les capitalistes acceptent de se préoccuper de l’écologie, il faut que cela leur rapporte !
L’écologie fait maintenant partie de la stratégie publicitaire de tous les groupes capitalistes : c’est à qui sera le plus « vert », le plus soucieux de développement durable. Certains fabricants en ont fait un argument de vente face à leurs concurrents. Pour d’autres, l’écologie a été l’occasion de trouver de nouveaux marchés, dans la construction de panneaux solaires ou d’éoliennes. Mais la révélation des fraudes au diesel organisées par Volkswagen et tous les autres constructeurs automobiles montre les moyens que les capitalistes sont capables de mettre en œuvre quand une réglementation fait obstacle à leurs profits.

J. Lassalle

Les ressources naturelles se raréfient, mangées par l’urbanisation, par la pression toujours croissante de la production et de la consommation.

La biodiversité s’éteint à une vitesse angoissante, impactée par l’agriculture intensive, par le réchauffement climatique, par les pollutions, par les perturbateurs endocriniens.

Alors que nous arrivons devant ces abîmes, qu’ont fait nos décideurs politiques ? Ils ont ouvert la nature aux marchés, en mettant des prix sur tout.

Ils ont ainsi permis aux marchands de pétrole et aux marchands d’armes, de détruire l’homme, et la nature, en s’achetant une bonne conscience.

Pourtant, les marchés financiers ne répondent pas aux défis écologiques.

Et la normalisation centralisée, que certains proposent comme alternative, avec ses interdits en tous sens, ne marche pas non plus.

La sauvegarde de la biodiversité repose sur les communautés locales, les communes, qui gèrent chacune une portion de notre territoire. Les biens communs doivent être gérés « en bien commun », c’est-à-dire par ceux qui peuvent en porter la responsabilité, et qui mûriront leurs décisions avec tous ceux qui sont concernés.

Reconnaissons donc le rôle des collectivités dans la gestion des terroirs.

Et le long de nos terres, s’ouvrent d’autres et immenses « terres » ouvertes, presque inexplorées : les mers, et les fonds sous-marins, dont la France détient 11 millions de kilomètres carrés, sont, tout près de nous. Les mers abritent des secrets de l’avenir de notre humanité. Déjà les algues et l’aquaculture abondent les ressources alimentaires, énergétiques, pharmaceutiques. Mais les espèces marines nous sont encore aux neuf dixièmes inconnues. Nous ignorons encore comment les courants océaniques, qui dirigent nos climats, sont affectés par l’immense activité humaine. Je veux leur consacrer un très grand effort de recherche.

Nous partageons, du cœur des grandes villes aux plus petits hameaux, le devoir de protéger la nature. C’est un principe politique qui dépasse l’administration et même le gouvernement d’un moment. Cela n’efface pas les conflits entre les hommes d’aujourd’hui : cela nous incite à en faire un sujet de débat pacifique. Retrouvons-nous, échangeons dans le respect mutuel, pour décider de l’avenir que nous voulons donner à nos mers, nos campagnes, nos montagnes.

Il faut que les hommes redeviennent actifs, et prennent en charge leur propre destin. Et avec leur propre destin, ils prendront en charge le destin de leur terre, et une relation nouvelle s’installera, de nature à apaiser le monde et à apporter des solutions aux conflits. Sinon, ce sera de nouveau la tragédie. Je suis un homme d’espoir, parce que les bergers ont toujours eu de l’espoir, mais il est minuit moins cinq. Nous n’avons plus beaucoup de temps.





 OGM

I.4. Les règlements de l’UE et la législation de notre pays autorisent l’importation en vue de la consommation humaine et animale de productions OGM. Certaines cultures OGM sont autorisées par l’UE mais elles restent interdites par la France. Quelle est votre position sur cette question ?



JL Mélenchon

Si la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon arrivent au pouvoir en mai 2017, nous maintiendrons fermement l’interdiction de cultures d’OGM et appliquerons ce principe pour les « OGM cachés » issus des nouvelles techniques de modification génétique qui échappent à l’actuelle législation sur les OGM.

N Dupont-Aignan

Les progrès de la science en matière d’ingénierie génétique suscitent des espoirs légitimes. La production alimentaire devra bientôt répondre au défi démographique, en particulier celui de l’Afrique – qui devrait compter, selon un rapport de l’Unicef, 4,2 milliards d’habitants en 2100 avec le taux de natalité actuel ! Afin d’économiser les ressources de la planète, notamment hydriques, et de limiter l’usage des pesticides, nombreux sont ceux, notamment au sein de la communauté scientifique et des décideurs publics, qui voient dans les OGM une solution inéluctable. Les divergences de vues entre les experts et l’opinion publique sont, là aussi, frappantes. Il n’existe pas d’enquête de grande ampleur en France, mais aux États-Unis – certes bien plus directement confrontés que la France à la question – les chiffres sont sans appel : selon une étude du Pew Research Center, en 2015, 88% des scientifiques interrogés estimaient les OGM sûrs d’emploi… contre seulement 37% des Américains adultes.

Vue sous cet angle, la question se résumerait donc à un simple problème de pédagogie – le débat scientifique autour de la pertinence de la consommation et de la production d’OGM alimentaires semblant définitivement clos par ce consensus écrasant. Je prends pourtant la responsabilité de rester très prudent sur l’emploi et la commercialisation des OGM en France et dans le monde. L’économiste libano-américain N.N. Taleb et Raphael Douady, chercheur au CNRS, ont établi de manière convaincante que le principe de précaution – même si, dans d’autres domaines, il est invoqué de manière abusive et sclérosante pour l’innovation – doit s’appliquer aux OGM. Deux facteurs m’invitent à la prudence :

• Des connaissances encore lacunaires en matière génétique. Chaque jour apporte son lot de découvertes dont nous ignorons encore les conséquences à venir. Si le séquençage ADN de nombreuses espèces végétales et animales est aujourd’hui très détaillé, les conséquences des interactions entre les gènes comportent encore des zones d’ombre importantes, et l’approche top-down de l’ingénierie génétique ne me semble pas à même de les éclaircir à l’heure actuelle.
• Par voie de conséquence, l’emploi à grande échelle d’OGM comporte potentiellement des risques systémiques qui invalident le calcul classique coûts/bénéfices appliqué dans n’importe quel autre domaine scientifique et technologique. Les OGM ayant tendance à être beaucoup plus robustes que les espèces végétales et animales éprouvées par l’évolution darwinienne et son processus de sélection naturelle, elles sont invasives. Comment évaluer l’ampleur de la catastrophe potentiellement planétaire s’il s’avérait qu’un certain nombre de ces espèces ne résiste pas, sur le long terme, à un environnement donné, ou si elles se révélaient finalement toxiques pour la santé ?

Aucune recherche n’est évidemment à exclure, mais toutes doivent se faire dans un cadre strictement contrôlé qui empêche toute propagation.

E. Macron

Nous maintiendrons une interdiction ferme des cultures d’OGM en plein champ, et nous prendrons une position très claire en faveur du maintien d’une législation OGM au niveau européen, avec la possibilité d’une clause de sauvegarde au niveau national. Nous développerons les alternatives pour l’alimentation animale et étudierons la possibilité d’une interdiction des OGM pour l’alimentation animale.
Nous avons besoin de soutenir une recherche agronomique de haut niveau : c’est la meilleure façon de faire face aux défis qui sont devant nous. La recherche génétique en agronomie ne se réduit pas du tout à la production d’OGM aux effets inconnus qui finissent dans l’assiette. Mais la recherche en agronomie ne peut pas se réduire non plus à la génétique. C’est pourquoi j’ai annoncé que nous soutiendrons l’innovation et la
recherche en matière agricole sur des problématiques comme le développement de l’agriculture de précision, les données agricoles, l’innovation ouverte et collaborative…

F. Fillon

Nous n’avons pas de planète de rechange. C’est à l’initiative de mon gouvernement que la France a actionné les clauses de sauvegarde les plus importantes sur les OGM, dans un souci de responsabilité, et elle l’a fait sur la base des évaluations scientifiques nationales et européennes dont nous disposions. Les réalités de production agricole (ravageurs, conditions climatiques, pédologiques, de biodiversité) peuvent varier sensiblement d’une zone à l’autre et l’Europe doit respecter la volonté des Etats membres d’adapter les autorisations de production d’OGM sur leurs sols nationaux, dès lors que la décision est motivée.
A contrario, la question de la circulation de produits contenant des OGM n’échappe pas aux règles du marché commun européen et c’est au niveau européen que j’entends porter le débat sur la protection des consommateurs vis-à-vis de produits importés qui ont été interdits de production sur le sol européen.
La question des OGM ne doit pas masquer le très fort développement des biotechnologies de tous types et nous devons la regarder avec la plus grande responsabilité. C’est pourquoi je souhaite qu’un principe d’innovation responsable s’impose à la gestion de ces nouvelles technologies. Je porte une attention très particulière aux méthodes d’évaluation des risques, concernant en particulier la biodiversité, employées en France et en Europe, et je mandaterai les agences d’expertise française pour préciser les conditions d’évaluation des risques et les faire adopter au niveau européen.

F. Asselineau

Il s’agit là, plus que d’un débat de santé publique, d’un véritable problème de démocratie. Je rappelle que 80% des Français sont opposés à la culture des OMG en plein champ, et que deux tiers d’entre eux sont inquiets de l’éventuelle présence d’OGM dans leur alimentation. Au sein de l’UE, en raison des règles de vote à la majorité qualifiée, même une majorité d’États ne peut s’opposer aux OMG. En avril 2015, l’autorisation de commercialisation de 19 OGM supplémentaires a été accordée par la Commission alors que 19 des 28 pays de l’UE étaient contre ! Les règles de la libre circulation font que ces produits se retrouvent en France, contre l’avis de la population et du gouvernement. Preuve que cela est imposé par Bruxelles : en 2008, la France a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne à payer 10 million d’euros d’amende pour avoir tardé à autoriser la commercialisation d’OGM.

Nous souhaitons quant à nous interdire les OGM, y compris dans la nourriture animale. Mais j’insiste sur le fait que cela n’est possible que si nous sortons de l’Union européenne. Par ailleurs, nous sommes favorables à la recherche génétique dans le domaine agricole, dont nous voulons accroître les moyens. Cela doit se faire dans le respect du principe de précaution et du choix démocratique des Français.

B. Hamon

Le sujet des OGM englobe de nombreuses questions : scientifiques, technologiques, mais aussi économiques. Je refuse que nos agriculteurs soient prisonniers des marchands de semences. De même, je refuse que les parcelles OGM contaminent celles qui en sont dépourvues. Je maintiendrai donc l’interdiction des cultures OGM en France.
Pour autant, cela ne doit pas empêcher la recherche de progresser, et les derniers progrès en biologie sont évidemment remarquables. Il convient de les mener dans le respect des règles éthiques et déontologiques, et surtout avec le souci de l’intérêt général.

N. Arthaud

Dans cette société inégalitaire, les plantes transgéniques peuvent être autant un bienfait qu’un malheur, selon à qui et comment elles servent !! Par exemple, celles qui permettent de supprimer les traitements insecticides - les plantes incorporant un gène du bacille de Thuringe bien connu des agriculteurs bio qui s’en servent pour lutter contre les chenilles - sont bien utiles ! Ce qui n’est pas le cas des plantes transgéniques qui permettent de répandre sans limite des herbicides, car elles sont devenues résistantes à l’herbicide grâce à un gène incorporé !
Je défends l’idée que la population travailleuse des villes comme des campagnes puisse contrôler les travaux des firmes semencières qui fabriquent ces plantes transgéniques. Certains scientifiques ont pris à cœur ce rôle et essaient de faire comprendre les possibilités immenses comme les enjeux de ces recherches. Mais pour aller plus loin, il faudrait aussi que la confiance s’établisse entre les fournisseurs, les chercheurs, les producteurs et les consommateurs... ce qui est une impossibilité dans une société capitaliste fondée sur la recherche du profit maximum et immédiat et où règne le secret des affaires ... mais qu’une société dirigée par le monde du travail, sous le contrôle permanent de la population pourrait organiser !
En attendant qu’un tel contrôle s’impose, je suis pour le principe de précaution maximum et pour refuser toute culture avant que soit faite la preuve de son innocuité tant du point de vue de la santé, que de l’environnement et des relations sociales.

J. Lassalle

Les collectivités, expression démocratique de la volonté de ceux qui vivent sur leur territoire, doivent avoir le droit de protéger leur terroir du risque de dissémination des OGM, par exemple en interdisant leur culture sur leur territoire ; de même qu’ à prendre toutes autres mesures de protection fondées sur l’intérêt général.